Archives mensuelles : janvier 2013

Courir à 4 h 45 du matin, à -1000 degrés Celsius? T’es pas un p’tit peu excessif?

Trop de sujet sur lesquels je veux m’exprimer et partager mon point de vue. Par où vais-je commencer?

Hier matin et durant la dernière semaine, la réflexion et la réaction qu’ont eu plusieurs personnes de mon entourage lorsqu’ils ont appris l’heure de mon réveil, ou les conditions climatiques dans lesquelles je m’aventurais pour aller courir m’ont données une idée pour lancer les premiers écrits de mon premier blog.

Samedi matin, un réveil « extra matinal » pour être prêt pour mon entraînement de trail du weekend. Un 22 km prévu dans les sentiers du Mont St-Hilaire.

Au départ, nous devions laisser nos premières traces dans la neige des sentiers à 6 h 00 AM. Le temps estimé étant 2 h 30, je serai à l’heure chez moi pour entamer la matinée en famille. Dans ma planification minutieuse j’avais oublié un détail important, la visite du Centre mère-enfant de l’Hôpital Honoré-Mercier à St-Hyacinthe en prévision de la naissance imminente de la troisième petite fille de la famille. À quelle heure déjà? À 8 h 45 AM…Oh merde!

Bon, quelques petits ajustements sont à prévoir dans mon entraînement de DEMAIN! Étant un gars – désolé pour tous les hommes qui liront ceci, mais c’est tout de même un trait assez masculin – j’ai réalisé cet état de fait le vendredi avant-midi, la veille de l’évènement. Auto-flagellation! Si j’étais un être plus organisé et planifié, je noterais toutes mes obligations familiales, professionnelles, de loisirs et sportives dans mon calendrier Outlook. De cette façon, j’aurais pu éviter ça! Outlook m’aurait informé d’un problème à l’horaire…du genre « Ce rendez-vous est en conflit avec un autre rendez-vous qui le succède. » Pas de danger que mon cerveau puisse m’envoyer une petite note similaire, hein! Traître!

Que faire alors? Pour moi, l’entraînement c’est sacré, voire même nécessaire. Je sais très bien ce qui m’attend si je saute un entraînement prévu. Le fait d’avoir manqué une belle sortie avec mes partenaires de course et un trouble envahissant de l’esprit et je l’appelle le « piaffing », qui s’emparera graduellement de mon corps et qui me donnera envie de frapper la terre, comme un cheval, durant toute la journée. Vous savez, comme les chevaux de course lorsqu’ils sont tous en place dans les stalles alors qu’ils attendent dans leur boîte de départ, le son de la cloche. Pire encore! Plus la journée avance, plus cet état empire. C’est pour ça que je le qualifie de trouble envahissant! De plus, soyons honnête, le petit sentiment de culpabilité qui plane et qui te dit: « Tu aurais dû aller courir!« . Coupable de ne pas respecter ses engagements personnels face à l’entraînement, d’être lâche et d’avoir choisi la solution facile!

De l’autre côté, je ne peux manquer cette visite et je ne peux même pas penser être en retard. La famille c’est sacré! Alors que mon entraînement à la course à pied a commencé à prendre plus de place dans ma vie, je me suis promis ainsi qu’aux membres de ma famille, qu’il n’aurait pas toute la tribune. Je dois faire des compromis, j’en suis conscient et je l’assume parfaitement! Je veux être quelqu’un qui tient à sa parole, qui est fiable. C’est le message que je veux envoyer à ma conjointe? C’est l’image que je veux refléter à mes deux grandes filles? Je suis ce type de personne, ce conjoint, ce papa? Donc, pas de compromis à faire à ce ce propos! Pas besoin de réfléchir midi à quatorze heures!

J’entends déjà beaucoup de personnes, qui liront ces quelques lignes et dire: « Ben voyons donc, il exagère un peu! Il n’a qu’à remettre son entraînement au lendemain et hop, l’affaire est réglé!« . Non, pas si simple que ça! Le dimanche, c’est ma journée de repos et c’est minutieusement planifié. La planification de mon entraînement, c’est important et les périodes de repos sont soigneusement définies et bien nécessaire lorsqu’on cours 5 à 6 fois par semaine. J’ai déjà brisé la règle la semaine dernière, étirant à 8 jours consécutifs sans période de repos, mon entraînement. Attention, risque de blessures en vue! En plus, pour les coureurs qui se reconnaissent, on sait que bousculer une journée d’entraînement a souvent des impacts sur plusieurs autres journées que l’on doit moduler et arrimer avec notre horaire chargé.

Le dimanche, c’est également le moment où je peux faire la grasse matinée – entendons-nous ici, je parle de me lever à 7 h AM – et passer un peu de temps au lit à coller ma blonde. À pouvoir prendre le rythme matinal tranquillement avec mes filles. Ça aussi, c’est important et sacré pour moi! Grrrrrr…trop de contraintes, trop de choses sacrées, trop d’obligations qui entrent en conflits!

Les quatre derniers paragraphes sont un bref résumé de tout ce qui a pu passer dans mon esprit entre 9 h et 9 h 01, vendredi matin, lorsque je me suis aperçu que ma sortie de trail du lendemain était compromise.

C’est bien beau tout ça, mais on fait quoi maintenant? Dans la tête de beaucoup de gens, c’est probablement simple. On annule et on reporte à plus tard. Petite déception, mais bon…c’est la vie! C’est correct et je ne juge personne par cette dernière réflexion. Par contre, pour un coureur qui s’entraîne sérieusement voir même religieusement – ce terme est mieux choisi – qui a des obligations familiales et une vie chargée entre 8 h et 21 h, et ce, tous les jours (surtout les weekends) c’est inconcevable! Pas de remise à plus tard! Pas possible!

Comme à la croisée de tous les chemins que l’on rencontre dans notre vie, il y a des choix à faire et les conséquences à assumer, qui viendront avec ces choix.

Je ne resterai pas longtemps dans cette  impasse. Le dilemme ne dure pas longtemps. Je n’annulerai pas cet entraînement!

Je vais donc me coucher plus tôt ce soir, et me lever à 3 h 45 AM pour être prêt à grimper vers les sommets enneigés du Mont St-Hilaire à 4 h 45 AM. J’avise donc les partenaires de notre groupe de course matinale, par Facebook, du changement obligé et de mes intentions. Pour moi, c’est un départ à 4 h 45 AM vers Rocky rouge. De retour à l’accueil à 6 h pour terminer l’entraînement avec la gang, qui m’attendra à cet endroit et être à la maison vers 7 h 45 AM. Rachel Goulet me répond alors qu’elle y sera aussi si elle est réveillée à cette heure, puis c’est le tour d’Alexandre Emond, Nicolas Gamache et Alain Roy à m’informer qu’ils seront probablement présents également à cette heure matinale. WOW! J’suis pas si capoté que ça finalement! Ou peut-être sommes-nous cinq coureurs capotés alors! La façon de voir la chose dépend de quel côté du miroir on se situe finalement!

À 4 h 45 AM hier matin, nous étions cinq coureurs à fouler les sentiers du Mont St-Hilaire et un sixième, Simon Prévost, est venu nous rejoindre à 6 h AM. Une température ressentie de -24C, à l’image du reste de la semaine. Merci les copains, je me considère chanceux d’avoir des partenaires de course aussi extraordinaires que vous!

Comme l’a si bien décrit Pat Godin dans le dernier article de son blog « Le froid« , sortir coûte que coûte dans ces conditions n’est pas toujours une décision plaisante et sans conséquence. Et oui, des fois ça prend un coups de pied au derrière pour se lever du lit, quand les couvertures sont chaudes et enveloppantes. Et oui, des fois on pratiquerait le « snoozing » jusqu’à réaliser qu’il est bien trop tard pour partir et se dire: « Bof, je devais être trop fatigué!« . C’est un choix, que l’on assume et pour lequel – pour nous les coureurs – la balance penche davantage du côté des points positifs que des points négatifs. Aussi bizarre cela puisse t-il paraître!

Lorsqu’on veut accomplir et réaliser les buts qu’on s’est fixés, lorsqu’on veut relever des défis qu’ils soient petits ou grands, ce sont nos choix et les conséquences qu’on accepte d’assumer qui guideront nos actions. C’est un fait…et déjà, c’est un choix que l’on fait! Respecter mes choix, en prenant parfois des décisions qui me challengent, me rend fier de moi. Probablement que Abraham Maslow serait en accord avec moi. La fierté personnelle. C’est une des plus belles conditions du cinquième niveau de sa pyramide, l’accomplissement personnel.

Je comprends maintenant que l’accomplissement personnel n’a pas la même signification pour tous le monde et c’est correct ainsi, mais pour moi c’est un besoin et une nécessité. Pour ma santé mentale, au même titre que l’amour des proches qui m’entourent, l’exercice physique, la saine alimentation et…LA COURSE À PIED.

Courir à 4 h 45 du matin, à -1000 degrés Celsius? T’es pas un peu excessif? Je répondrai, peut-être pour certains, probablement pas pour une minorité des autres. Pour moi, c’est un choix que j’assume pleinement et qui répond à un besoin. Je me réalise et j’en suis fier!

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